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La Bataille Banne. Un devoir de mémoire

29/07/2022
Cela vous prendra un petit temps de lecture. Pas de photos. juste un texte pour vous rappeler que Dimanche la municipalité  de Saint Paul Le Jeune se joindra à la municipalité  de Banne pour la commémoration  de la Bataille de Banne.  Quelques jours  précédant  cette bataille, deux habitants  de Saint Paul Le Jeune   Louis Roux et Gaston Roussel avaient perdu la vie au carrefour de Lauze. 

Alors Dimanche  31 juillet à 10h, il fera chaud certes mais on vous attend nombreux au monument  de la Lauze.



La Bataille de Banne 

Le 13 juillet 1944, au lieu-dit « La Lauze », commune de Banne, des éléments de la 63ème compagnie AS ont un accrochage avec un convoi allemand. Au cours de celui-ci, les gendarmes FFI Riou et Baudin sont tués. Deux civils, Gaston Roussel et Louis Roux sont exécutés.



L’état major du secteur D, commandé par Michel Bancilhon, prend des dispositions pour que les convois ennemis soient désormais harcelés sur le passage. Il envoie prendre position sur les hauteurs de Banne, trois compagnies, les 51ème et 52ème, commandées par le Capitaine Georges Picard et le Lieutenant Charles Escudier et la compagnie 6.11 commandée par Pierre Ollier de Marichard dit « Marco » et Jacques Ferri.



Le 22 juillet à midi, un convoi de huit véhicules ennemis venant d’Alès, arrive à la hauteur du château de Lèbres. Ils sont attaqués à la grenade par les hommes de Marco. Deux véhicules sont incendiés. Les allemands parviennent à décrocher en laissant sur le terrain un tué et un prisonnier.



Le 29 juillet au petit matin, Escudier et Picard vont en reconnaissance à St Paul le Jeune et observent l’arrivée d’un  très important convoi en provenance d’Alès. Le PC est alerté par une téléphoniste de St Paul vers 9 heures 15. Il s’avère que le convoi, guidé par un avion de reconnaissance, est fort de 400 hommes environ transportés par 19 camions, protégé à l’avant par une chenillette blindée, et dispose d’une auto mitrailleuse avec un canon de 75 mm. Ferri demande des volontaires pour stopper à l’avant la chenillette à la grenade Gammon.



A 10 heures, à la sortie du pont sur le ruisseau Le Granzon, les grenades font leurs œuvres. L’explosion projette la chenillette en travers de la route, Ferri et ses hommes bloquent la queue du convoi à l’autre extrémité ; les mitrailleuses des marins portés en surplomb ouvrent le feu sur les camions d’où s’extirpent en catastrophe les soldats allemands pour se disperser dans les vignes qui bordent la route. Mais ceux-ci se ressaisissent à l’abri des fumigènes d’une auto mitrailleuse qui tire des obus sur le village de Banne et ses abords, d’où les hommes de Marco, à l’abri des murettes, ripostent par tirs de mousquetons. Le combat dure toute la journée.



Le soir la colonne allemande, sur la protection d’un blindé venu en renfort, se retire vers Alès, en abandonnant sur le terrain douze véhicules et en emportant ses morts et ses blessés. Côté FFI, on déplore un mort, le soldat Pierre Cordier et plusieurs blessés dont 2 graves.



C’est la première grande victoire remportée en Ardèche par la Résistance armée au cours d’un affrontement qui dépasse quelques peu le stade de guérilla.



Malheureusement le village de Banne dut subir de lourdes représailles :



Dès le matin du 30 juillet, l’aviation mitraille les villages du secteur. La Wehrmacht entre dans le village, appréhende le maire Paul Maës. La poste et la mairie sont incendiées. Pendant deux jours les hommes de troupe se livrent aux actes habituels de destruction et de pillage. Des civils sont assassinés : Raymond Bouchet abattu à St Paul, Marius Manifacier tué dans son champ. A Chassagnes, le 31 juillet Joseph Aubert et sa sœur Marie-Thérèse sont abattus sans explication de même, Gaston Fabre. Au château de Lèbres on retrouve les cadavres d’Elie Bauzely et d’Adrien Carlan. Le maire est emmené comme otage à l’issue de la journée.