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La question de la semaine #135

La question de la semaine, votre format d’information hebdomadaire sur le compte Illiwap de la commune de Champagnier. Chaque semaine, retrouvez une brève sur une question qui nous est régulièrement posée.
 
 
 
Episode #135 : Je n'ai pas/plus internet depuis un moment, qu'est-ce qu'il se passe avec la fibre optique?
 
 
 
C’est une question que nous entendons de plus en plus souvent à la mairie : « Je n’ai pas internet », « ma fibre ne fonctionne plus », « pourquoi mon voisin est raccordé et pas moi ? », « quand est-ce que ma connexion va être rétablie ? »
 
Et c’est bien normal de se poser la question.
 
Internet est aujourd’hui devenu indispensable dans notre quotidien : télétravailler, suivre la scolarité des enfants, effectuer ses démarches administratives, consulter son médecin, regarder la télévision ou des films, téléphoner, gérer ses comptes bancaires…
 
Derrière ce qui paraît être un simple branchement entre une box et une prise murale se cache en réalité un réseau extrêmement complexe, construit par plusieurs acteurs, avec des responsabilités différentes.
 
Alors, pourquoi est-ce parfois si compliqué d’avoir ou de conserver une connexion fibre ?
 
Petite tentative de vulgarisation !
 
Et pour éviter de perdre tout le monde dans l’ultra-complexité du sujet, nous allons volontairement prendre un seul exemple : le bourg de Champagnier. Les situations peuvent être différentes dans les autres secteurs de la commune.
 
 
 
Un peu d’histoire : pourquoi avons-nous aujourd’hui plusieurs réseaux ?
 
Pendant des décennies, nous avons utilisé le réseau cuivre pour le téléphone, puis pour internet avec l’ADSL. Ce réseau a été construit progressivement au cours du XXe siècle par l’opérateur historique, alors public, devenu ensuite France Télécom puis Orange.
 
Avec la fibre optique, le modèle est très différent.
 
L’État a fait le choix de ne pas construire lui-même un réseau national unique. Dans le cadre du Plan France Très Haut Débit, lancé au début des années 2010, le déploiement repose sur un partage des rôles entre opérateurs privés, collectivités et opérateurs d’infrastructure.
 
Selon les territoires, ce sont donc tantôt des opérateurs privés, tantôt des collectivités au travers de Réseaux d’Initiative Publique (RIP) qui organisent et financent le déploiement. L’objectif était très ambitieux : apporter le très haut débit à l’ensemble du territoire.
 
Mais le déploiement a pris du retard et la situation est aujourd’hui plus nuancée : à fin mars 2026, environ 95 % des locaux français sont raccordables à la fibre, mais encore 2,3 millions de locaux doivent être rendus raccordables.
 
Autre point important : l’objectif national est désormais de parvenir à une couverture en très haut débit, et pas nécessairement de garantir que chaque adresse soit raccordée par fibre. D’autres technologies (THD Radio, 5G, etc.) peuvent théoriquement contribuer à cet objectif.
 
Cela explique aussi pourquoi « avoir accès au très haut débit » ne signifie pas nécessairement « avoir droit à une fibre réparée dans les quelques heures qui suivent une panne ».
 
 
 
Alors, qui s’occupe de la fibre à Champagnier ?
 
À Champagnier, le Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique de l’Isère, adopté par le Département en 2011, a prévu que notre commune fasse partie du Réseau d’Initiative Publique de l’Isère.
 
En clair : dans notre secteur, ce ne sont pas Orange, Free, SFR ou Bouygues qui ont construit le réseau à leurs frais. C’est le Département de l’Isère qui a organisé le déploiement du réseau public, avec le concours financier de l’État, de la Région, de l’Europe et des intercommunalités iséroises. À l’échelle de l’Isère, cela représente un projet considérable : plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement et le déploiement d’un réseau sur plusieurs centaines de communes.
 
Pour réaliser un tel chantier, le Département n’a évidemment pas créé une armée de techniciens territoriaux chargés de tirer eux-mêmes les milliers de kilomètres de fibre. Il a choisi de déléguer la construction et l’exploitation du réseau à un opérateur spécialisé, dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) d’une durée de 25 ans.
 
C’est un fonctionnement qui ressemble, dans son principe, à celui d’une concession autoroutière : la collectivité organise et porte le projet ; un opérateur spécialisé construit et exploite le réseau pendant une durée déterminée.
 
 
 
Qui est THD38 ?
 
L’opérateur chargé de ce réseau public isérois est aujourd’hui THD38, anciennement Isère THD. Son rôle est celui d’opérateur d’infrastructure.
 
C’est lui qui intervient sur l’essentiel du réseau physique : les câbles, les armoires, les équipements et les points de branchement qui permettent d’amener la fibre au plus près des logements. Le Département reste l’autorité concédante du réseau.
 
Cette distinction est importante : THD38 exploite le réseau dans le cadre de la concession ; le réseau relève du patrimoine public porté par le Département.
 
 
 
Et Orange, Free, SFR ou Bouygues dans tout ça ?
 
Ce sont les opérateurs commerciaux, ou fournisseurs d’accès à internet (FAI). Ce sont eux que nous connaissons tous parce que ce sont eux qui nous vendent notre abonnement internet.
 
Ils utilisent le réseau fibre déployé par l’opérateur d’infrastructure pour proposer leurs abonnements. Ils interviennent également pour réaliser le raccordement final de votre logement.
 
C’est là qu’il faut comprendre deux notions importantes : le PBO, le Point de Branchement Optique, et la PTO, la Prise Terminale Optique.
 
Le PBO est généralement situé dans la rue ou à proximité immédiate des logements. À partir de ce point, l’opérateur commercial réalise le raccordement jusqu’à votre logement, où est installée la PTO. C’est cette prise qui est ensuite reliée à votre box.
 
 
 
Pourquoi plusieurs opérateurs peuvent-ils utiliser le même réseau ?
 
C’est justement tout l’intérêt du système !
 
Le réseau construit dans le cadre du réseau public isérois est mutualisé. Nous pouvons donc choisir Orange, Free, SFR ou Bouygues sans que chacun ait besoin de construire son propre réseau jusque dans notre rue.
 
Cela explique aussi pourquoi changer d’opérateur ne signifie normalement pas devoir faire reconstruire toute la fibre.
Le réseau physique reste le même : ce qui change principalement, c’est l’opérateur qui nous fournit le service.
 
 
 
Et la commune dans tout ça ?
 
La commune a simplement un rôle important en matière d’adressage. Pour qu’un opérateur puisse construire un réseau et surtout savoir à quel logement correspond chaque raccordement, il faut évidemment savoir où se trouvent les logements et comment ils sont adressés.
 
La commune crée donc les adresses et les transmet dans les bases nationales de référence, notamment la Base Adresse Nationale (BAN). Sur ce point, bonne nouvelle : nous faisons régulièrement le travail de mise à jour de nos adresses, y compris pour les constructions nouvelles, et 100% de nos adresses sont certifiés.
 
En revanche, cela ne signifie malheureusement pas que tous les opérateurs mettent instantanément leurs propres bases à jour. Et c’est parfois là que les problèmes commencent…
 
 
 
Comment la fibre arrive-t-elle jusqu’à chez nous ?
 
Imaginons le réseau comme un immense arbre. Au départ, nous avons les gros « troncs » qui transportent énormément de connexions. Puis viennent des branches de plus en plus petites jusqu’à arriver devant notre maison.
 
Pour le bourg de Champagnier, nous pouvons simplifier ainsi : Nœud de Raccordement Optique situé à Jarrie → Point de Mutualisation également à Jarrie → réseau de desserte → PBO dans notre rue → logement → PTO → box
 
Le réseau est donc constitué de nombreux équipements intermédiaires et contrairement à ce que nous pourrions penser, une panne internet ne signifie pas forcément que « la fibre est cassée », le problème peut être situé à n’importe quel endroit de cette chaîne.
 
 
 
Qui paie tout cela ?
 
C’est une autre bonne question !
Et la réponse est : un peu tout le monde.
 
Le déploiement du réseau public isérois a été financé par plusieurs acteurs : État, Région, Département, Europe et intercommunalités, ainsi que par un investissement privé important dans le cadre de la concession.
 
La commune ? Non, pas directement. La commune ne finance pas le déploiement de la fibre.
 
Grenoble Alpes Métropole ? Oui, elle a participé au financement du réseau départemental, notamment à hauteur de 100 € par prise déployée sur son territoire.
 
Le Département ? Oui, il porte le projet public et est l’autorité concédante du réseau.
 
Nous, les habitants ? Oui, nous participons évidemment au financement du système à travers nos abonnements internet, qui permettent notamment de rémunérer les opérateurs et l'utilisation du réseau.
 
 
 
Et les maisons neuves ?
 
C’est un cas particulier qu’il faut vraiment avoir en tête.
Lorsqu’une construction nouvelle apparaît, elle n’existait évidemment pas au moment où le réseau a été étudié et construit. Il faut donc créer ou adapter le raccordement pour cette nouvelle adresse.
 
C’est pour cette raison que, depuis plusieurs années, la commune transmet aux personnes obtenant un permis de construire les informations nécessaires pour déclarer leur construction auprès de THD38 et anticiper son raccordement.
 
Depuis 2022, dans la zone THD 38, il est à la charge des propriétaires des nouveaux logements créés que de demander le raccordement et de financer, à hauteur de plusieurs centaines d'euros, le raccordement de leur maison, comme c'est le cas depuis longtemps pour l'électricité via Enedis par exemple.
 
Et surtout : il faut le faire le plus tôt possible, idéalement dès l’obtention du permis parce que la création d’un nouveau raccordement peut nécessiter des travaux spécifiques : création d’un point de branchement, extension du réseau, intervention sur des infrastructures existantes, etc. Les délais peuvent donc être beaucoup plus longs que le simple délai nécessaire à un technicien pour venir brancher une box.
 
 
 
Bon… alors pourquoi est-ce que je n’ai pas internet aujourd’hui ?
 
C’est évidemment LA question !
 
Et malheureusement, il n’existe pas une seule réponse.
Voici quelques-unes des causes les plus fréquentes.
 
 
🏠 Une construction nouvelle qui n’a pas encore été raccordée
 
Comme expliqué plus haut, une maison construite récemment ne peut pas forcément être raccordée immédiatement. Si les démarches auprès de l’opérateur d’infrastructure ne sont pas réalisées suffisamment tôt, le raccordement peut intervenir plusieurs mois après la construction.
 
C’est pourquoi il faut anticiper le raccordement dès l'obtention du permis de construire et ne pas attendre d’avoir les clés pour s’en préoccuper.
 
 
🏷️ Une adresse qui n’a pas été correctement intégrée au moment du déploiement
 
Lorsque le réseau du bourg a été étudié entre 2017 et 2019, toutes les adresses n’étaient pas nécessairement connues ou correctement identifiées.
 
Conséquence très concrète : la fibre peut physiquement passer dans notre rue sans qu’une prise ait été prévue pour notre logement.
 
Dans ce cas, il ne suffit pas de brancher une fibre. Il faut reprendre le réseau, créer les équipements nécessaires et effectuer les opérations administratives correspondantes. Ces reprises relèvent de l’opérateur d’infrastructure, mais elles prennent évidemment du temps.
 
 
🔌  Les fameux problèmes de raccordement
 
C’est probablement l’un des sujets les plus incompréhensibles pour les habitants.
 
Nous sommes éligibles. Nous avons une prise fibre. Nous avons souscrit un abonnement. Et pourtant… le technicien repart sans avoir réussi à nous raccorder. Pourquoi ?
 
Parce que les armoires et points de branchement peuvent être mal documentés, mal identifiés, dégradés ou déjà saturés. Il existe malheureusement aussi des situations dans lesquelles un technicien rencontre une difficulté sur la ligne qui lui est attribuée et réalise un raccordement sur une autre position.
 
Lorsque ces interventions sont mal réalisées ou mal documentées, les problèmes peuvent se propager : un raccordement mal réalisé peut perturber le raccordement du voisin, puis celui du voisin du voisin…
 
Le problème est aggravé par une organisation du marché du raccordement très largement sous-traitée, avec de nombreux intervenants et des pratiques qui ont fait l’objet de critiques et de plans d’amélioration au niveau national. C’est une des raisons pour lesquelles nous pouvons parfois avoir cette impression assez incompréhensible : « Mais pourtant, ma fibre fonctionnait hier ! Pourquoi mon voisin a-t-il été raccordé aujourd’hui et moi je ne fonctionne plus ? »Malheureusement, ce type de situation existe.
 
 
🛠️ Et puis il y a… les problèmes du réseau lui-même
 
C’est probablement la partie la plus importante pour comprendre les difficultés actuelles dans le Sud Grenoblois.
 
Le déploiement du réseau public isérois n’a pas été un long fleuve tranquille. Des défauts ont été constatés sur certaines installations réalisées lors des premières phases de déploiement, entraînant notamment des opérations importantes de reprise et de remise en conformité du réseau.
 
Et c’est là que les choses deviennent particulièrement frustrantes pour les habitants car réparer un réseau de fibre tout en maintenant en fonctionnement les milliers de connexions existantes est beaucoup plus complexe que de construire un réseau neuf. Il faut intervenir sur les câbles, les armoires, les points de branchement, déplacer parfois certaines connexions, effectuer des tests, puis remettre en service les lignes. Et ces interventions peuvent malheureusement provoquer, dans certains cas, de nouvelles coupures temporaires.
 
 
 
🤔 Pourquoi la mairie ne peut-elle pas simplement savoir qui va être coupé ?
 
C’est une question que nous nous posons également !
 
Le problème est que les opérations de maintenance et de reprise ne correspondent pas à un simple calendrier du type : « Mardi 15 septembre, on répare la rue du Bourg. » Les interventions peuvent dépendre de ce qui est découvert sur le terrain, de l’état réel des équipements, des raccordements existants ou des opérations réalisées précédemment.
 
Il est donc impossible pour une commune de savoir à l’avance et avec précision quel logement sera impacté c'est pourquoi, l’information passe généralement par votre opérateur commercial : Orange, Free, SFR, Bouygues, etc.
 
Cela peut être frustrant, notamment pour une mairie qui reçoit directement les habitants alors qu’elle n’est ni propriétaire opérationnelle du réseau, ni chargée de son exploitation quotidienne.
 
 
 
⚠️ Une particularité à Champagnier : le Pied de la Combe et les Isles
 
Tout ce que nous venons d’expliquer concerne principalement le bourg de Champagnier, qui relève du réseau public départemental.
 
Mais deux secteurs de la commune ont un fonctionnement différent.
 
  • Le Pied de la Combe
Pour des raisons techniques et historiques liées au découpage des réseaux, ce secteur est raccordé depuis Échirolles.
Il ne relève donc pas du même schéma que le bourg.
 
  • Les Isles de Champagnier
Le secteur des Isles relève quant à lui d’une zone très dense, avec un fonctionnement différent du Réseau d’Initiative Publique départemental.
 
THD38 n’y joue donc aucun rôle. Cela explique pourquoi deux habitants de Champagnier peuvent avoir des interlocuteurs et des problèmes totalement différents alors qu’ils habitent dans la même commune.
 
 
 
📴 Et maintenant, que va devenir le réseau cuivre ?
 
C’est le dernier élément à avoir en tête.
Après des décennies de bons et loyaux services, le réseau cuivre est progressivement arrêté en France au profit de la fibre. Cela concerne notamment l’ADSL.
 
La fermeture va se faire en deux étapes :
 
Janvier 2027 - La fermeture commerciale
Il ne sera plus possible de souscrire de nouvelle offre utilisant le réseau cuivre.
 
Janvier 2029 - La fermeture technique
Le réseau cuivre sera définitivement éteint : les abonnements encore présents sur ce réseau devront donc avoir migré vers une autre technologie.
 
Cela signifie qu’il est vraiment important que, d’ici là, tous les logements encore dépendants du cuivre puissent trouver une solution alternative. Et c’est précisément pour cela que le déploiement et la fiabilisation de la fibre sont aujourd’hui si importants.
 
 
 
🧩 Alors, si nous devions résumer…
 
Si nous avons une panne internet, il faut garder en tête que la mairie n’est pas notre opérateur internet et n’est pas non plus l’exploitant du réseau fibre.
 
Il y a plusieurs niveaux :
  • Le Département : porte le projet public et est l’autorité concédante.
  • THD38 / l’opérateur d’infrastructure : construit, exploite et maintient le réseau d’infrastructure dans le bourg.
  • Orange, Free, SFR, Bouygues… : nous vendent notre abonnement et interviennent notamment pour notre raccordement final.
  • La commune : s’occupe de l’adressage
  • Nous, les habitants ! : au bout de la chaîne et nous avons parfois malheureusement l'impression que personne ne sait exactement pourquoi notre box ne fonctionne plus 😅
 
 
 
📞 Et si vous êtes concerné par un problème ?
 
Le premier réflexe reste de contacter votre opérateur commercial, celui chez qui vous avez votre abonnement internet.
C’est lui qui doit enregistrer la panne et déclencher les interventions nécessaires auprès de l’opérateur d’infrastructure.
 
Si vous êtes confronté à une situation particulièrement complexe, longue ou récurrente, notamment lorsqu’elle semble liée au réseau lui-même ou à une absence de raccordement, et que vous n'avez pas trouvé vos réponses ici vous pouvez contacter la mairie via mairie@champagnier.fr.
 
Nous nous efforcerons de vous accompagner au mieux dans la résolution de votre problème dans la limite de la capacité d'écoute et de la réactivité des différents acteurs qui interviennent sur ce dossier.
 
 
 
Voilà…
 
Désolé pour cette looooongue question de la semaine ! 😅
 
Mais le sujet est suffisamment complexe et important pour mériter qu’on prenne quelques minutes pour comprendre ce qui se cache derrière le petit voyant rouge de notre box.
 
Et promis : la prochaine question de la semaine sera plus courte !
En attendant, nous espérons surtout que vous resterez tous connectés ! 😉
 
 
 
Rendez-vous la semaine prochaine pour la question de la semaine #136! 😉