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La question de la semaine #110

La question de la semaine, votre format d’information hebdomadaire sur le compte Illiwap de la commune de Champagnier. Chaque semaine, retrouvez une brève sur une question qui nous est régulièrement posée.
 
 
Episode #110 : A quoi il sert le barrage du Saut du Moine ?
 
 
Le barrage du Saut du Moine, situé sur Champagnier en bordure de la RN85, est implanté sur le Drac, à proximité de la confluence avec la Romanche. Il s’inscrit dans le vaste ensemble d’aménagements hydroélectriques développés dans la vallée au début du XXᵉ siècle, à une époque où la « houille blanche » constituait un formidable levier de développement industriel pour le territoire alpin.
 
Construit aux alentours de 1920, le barrage du Saut du Moine répond à la volonté d’exploiter le potentiel énergétique du Drac, rivière au régime dynamique et aux débits puissants. À cette période, la région grenobloise connaît un essor industriel important, notamment dans les secteurs de l’électrométallurgie et de l’électrochimie, fortement consommateurs d’électricité. Les aménagements hydrauliques réalisés sur le Drac participent directement à cette dynamique en assurant une production locale, renouvelable et compétitive.
 
Le barrage du Saut du Moine n’est pas un grand barrage de retenue, mais plutôt un ouvrage de dérivation et de régulation. Son rôle principal est de relever le niveau de l’eau et d’orienter le débit vers des ouvrages d’amenée alimentant les centrales situées en aval : centrale de Pont-de-Claix, centrale du Drac-inférieur (Echirolles) et centrale du Rondeau (Echirolles). Il constitue ainsi un maillon stratégique de la chaîne hydroélectrique du Drac.
 
Aujourd’hui, l’exploitation de l’ouvrage est assurée par Électricité de France (EDF), qui veille à son bon fonctionnement, à son entretien régulier et à sa mise en conformité avec les exigences de sûreté actuelles. Des travaux de modernisation ont d’ailleurs été réalisés ces dernières années, notamment sur les organes de vannage et les équipements de contrôle, afin de garantir la fiabilité de l’installation sur le long terme.
 
Au-delà de sa fonction énergétique, le barrage joue également un rôle dans la gestion hydraulique du secteur. En contribuant à la régulation des débits, il participe à la maîtrise des écoulements en aval et à l’équilibre global du système d’aménagement du Drac. Implanté dans un environnement naturel sensible, à proximité d’espaces à forte valeur écologique, l’ouvrage s’inscrit aussi dans une démarche de prise en compte des enjeux environnementaux.
 
Plus récemment, le barrage a également été au cœur d’une démarche de rapprochement entre la commune et son exploitant. Dans le cadre du renforcement de l’interconnaissance entre la municipalité de Champagnier et EDF, une visite de l’ouvrage a été organisée le 7 février dernier. Cette rencontre a permis aux élus de mieux comprendre le fonctionnement technique du site et les contraintes liées à son exploitation.
 
L’association Champagnier entre histoire et patrimoine était également présente. Engagée depuis plusieurs années dans un travail de recherche sur l’histoire industrielle et hydraulique du territoire, elle a apporté un éclairage précieux sur le contexte de construction du barrage, les entreprises impliquées à l’époque, ainsi que sur l’évolution du site au fil des décennies. Les échanges ont été particulièrement riches : les recherches menées par l’association ont permis de partager des informations parfois méconnues, au point que certains éléments historiques ont constitué de véritables découvertes pour l’exploitant lui-même.
 
Ainsi, le barrage du Saut du Moine apparaît non seulement comme un équipement technique au service de la production d’énergie renouvelable, mais aussi comme un élément fort du patrimoine industriel local. Il témoigne de l’histoire de l’aménagement du Drac, de l’essor de la houille blanche dans la région grenobloise et du lien étroit entre infrastructure, territoire et mémoire collective.
 
 
Rendez-vous la semaine prochaine pour la question de la semaine #111 ! 😉