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Discours du Maire - Cérémonie des vœux

MAIRIE DE LAGORCE
Discours des Vœux
17 janvier 2026

Bernard CHEVILLIAT - Maire

Madame et Monsieur les Conseillers départementaux,
Mesdames et Messieurs les Maires et conseillers,
Mesdames et Messieurs les représentants des forces de l’ordre et des pompiers,
Chères concitoyennes, chers concitoyens, chers amis,

J’aimerais inaugurer cette année par un hommage à la beauté…

En mettant notamment en exergue la beauté de notre commune et de son village…
Sa beauté et sa singularité…
Son étendue sauvage, remarquablement préservée, et sa dimension patrimoniale qui fondent toutes deux son caractère.
Autrement dit, en deux mots, sa nature et sa culture.

L’anthropologie qui, pour reprendre une formule de Florence Weber, associe les « explorateurs du lointain » et « les connaisseurs du proche » nous apprend que nature et culture ne doivent plus être opposées… comme le fait volontiers l’Occident moderne depuis deux à trois siècles…

Par culture on entend le savoir, le patrimoine, l’histoire, les traditions et le travail ou les œuvres des hommes, l’agriculture, l’artisanat, l’art…

L’une – la nature – n’est donc pas l’écrin de l’autre, comme une certaine philosophie l’a longtemps cru… en imaginant que la nature était définitivement un gisement de ressources dédié au service de l’homme.

A contrario, dans beaucoup de cultures extra-occidentales, souvent moins « développées », la nature et la culture chantent à l’unisson et se marient étroitement…

Aujourd’hui, comme l’écrit l’anthropologue Philippe Descola (dans Par-delà nature et culture), qui a contribué à poser ce constat, « la vaste demeure à deux plans superposés où nous avions pris nos aises depuis quelques siècles commence à révéler ses incommodités »…
L’escalier qui relie les deux étages – nature et culture – est en effet vermoulu... et il devient souvent périlleux de l’emprunter.
De surcroît, nous devons nous ouvrir aux autres cultures du monde parce que nous n’avons à l’évidence pas le monopole culturel…
 
Cependant, à Lagorce, depuis longtemps, – et ce n’est pas si fréquent qu’on pourrait le croire – nature et culture cohabitent harmonieusement dans une même demeure, et je crois que l’action de ceux qui œuvrent en son sein et en assurent la gestion doit donc s’inscrire durablement dans le respect de cette dualité étroitement complémentaire en favorisant le déploiement d’activités mariant ces deux dimensions.

Afin d’être plus concret, je vais m’attacher à être factuel pour éclairer mon propos…

L’agriculture raisonnée ou bio est l’une de ces activités qui conjugue nature et culture. Et c’est pourquoi je crois que nous devons, comme par le passé, veiller, à notre échelle, à favoriser avec ardeur l’implantation de jeunes agriculteurs susceptibles de transformer leur production puis de les aider à développer la vente à la ferme, clef d’une rentabilité plus robuste.

Plus directement encore, je vois ici, à Lagorce, une autre illustration – certes modeste mais réelle – de la dualité entre nature et culture avec l’école du dehors telle qu’elle se déploie ici en emmenant régulièrement les enfants hors les murs et en les guidant en forêt à la découverte du vivant.

Cette année, nous avons beaucoup investi financièrement dans les locaux de l’école pour le mieux-être de tous : en chauffage, en climatisation, en tonnelles restaurées, en équipement divers, y compris informatique, et même en jeux ou en sport …

Depuis la rentrée de septembre, grâce à la nouvelle équipe d’enseignantes et à sa directrice, l’école est efficace et apaisée et, à l’évidence, les enfants et les maitresses respirent la bonne humeur…

« Pourvou que ç’a doure ! », comme disait la mère de Napoléon en parlant de ses victoires…

Merci à l’Amicale laïque et aux parents pour leur engagement tout comme aux agents communaux de l’école… et de la cantine, cela sans dire… Merci David et Karine.

Comme un symbole d’ouverture, l’accès même à l’école a été élargi avec la suppression des toilettes hors d’âge qui en encombraient le passage…

Autre moment symbolique d’ouverture, au cours d’une cérémonie nous y avons planté à l’automne, et à l’initiative militante de Jean-Pierre Weisselberg qui l’a financé, un bel olivier de la Laïcité et de la Paix

Je voudrais souligner que, rénovée à Pâques et déménagée dans les murs de l’école, la bibliothèque infuse aussi par ses services aux enfants – les cours de dessin dispensés par Jafy et les lectures faites par des adultes – une dynamique culturelle très positive.

Cette année, notre commune est ainsi lauréate du label « Lire et faire lire »… Ce mouvement associatif a été créé pour favoriser la lecture à voix haute par des bénévoles au sein des écoles ou des bibliothèques notamment.
C’est une forme de combat contre l’affaiblissement de la lecture, vecteur par excellence de la culture.

À cet égard, je voudrais particulièrement saluer l’engagement d’Hélène Bertrand… conseillère municipale et présidente de l’association de la bibliothèque qui en est à l’initiative et qu’on retrouve aussi souvent présente sur plusieurs fronts, à l’école, au CCAS ou au musée.
Merci à toi, Hélène.

Avec une programmation plus étendue, La Crypte – qui a beaucoup mobilisé Hervé Ozil – a connu cette saison une belle fréquentation et des spectacles mariant mieux que par le passé théâtre, musique, danse contemporaine, variétés, cinéma et… lecture.
Le partenariat avec la Scène des Musiques Actuelles (SMAC) a été renouvelé et nous avons pu ainsi accueillir des pépites avec, par exemple, Yom & Ceccaldi tout comme des spectacles aussi variés que Lior Shoov, La Tosca, Hécate sous les eaux, Le dernier passage
Le remarquable film sur la Grotte Chauvet, proposé en août par Martin Marquet, lagorcois d’adoption, et commenté par le très savant Jean-Michel Geneste, archéologue du Paléolithique, a rencontré un vif intérêt.

Fin décembre, l’audacieux récit photographique, poétique et musical, de Simon Bugnon et de Solenne Muller sur L’Œil de la rivière conjuguait aussi à merveille… nature et culture.

En mai prochain – le 12 au soir – le duo de polyphonie corse Fiuminale s’y produira… ce sera une nouvelle occasion d’admirer la qualité acoustique de cet édifice.

Plusieurs spectacles proposés par La Ligne, notre nouveau partenaire dont la programmation porte essentiellement sur des enjeux contemporains, y prendront place dont l’un d’eux, le 14 mars, sur le Larzac ! et les 40 ans de gestion collective des terres agricoles sur le plateau du Larzac par la compagnie 13.36 …

La Crypte nécessite, soit dit en passant, un certain nombre de réparations et d’aménagements de fond qui devront être conduits sans trop tarder.
Un audit a été réalisé par un ingénieur son sur le matériel manquant ou à renouveler… Il y a du travail en perspective…

Autre expression d’un mariage réussi entre nature et culture, la grande exposition de photos, initiative privée fruit d’une étroite collaboration avec des agriculteurs de la vallée de l’Ibie réunis au sein de l’association des Sentiers & des Images, a permis de découvrir en plein air la beauté et la majesté d’un monde sauvage souvent inaccessible. On peut estimer que plus de 8000 personnes l’ont visité en quelques mois. Cette exposition va continuer toute cette année et elle offrira, selon toute vraisemblance, de nouvelles découvertes et un prolongement de son itinéraire de l’autre côté du pont sur l’Ibie autour de l’ancien moulin de Vachères et de son canal, avant de faire une pause au Domaine Vigne.

Les images de Trudie Julien qui s’y trouvent encore – images qui éclairent notre passé lagorçois –, devraient investir, quant à elles, les rues du village l’été prochain. Merci Trudie pour ce vrai cadeau !

Comme il est de coutume lors des discours des vœux, et sans chercher à être exhaustif, je vais m’attacher maintenant à présenter les principales réalisations ou les projets initiés durant cette année.

Très bientôt, l’aire de Peyrouse va se transformer avec les deux entreprises qui ont été retenues pour la réhabiliter : les poubelles seront déplacées derrière le tennis, la zone sera purgée de son eau, un bel espace arboré de stationnement sera réalisé (on pourra y organiser des vide-greniers ou des activités autres), l’ancienne maison des jeunes, aujourd’hui inoccupée pourrait être dédiée à la Réserve Communale de Sécurité Civile et au stockage du matériel scolaire en lien avec le tennis et le badminton, et le container télécom aujourd’hui tagué sera repeint (il a fallu obtenir l’accord des télécoms…)… puis l’assainissement de l’aire de Camping-Car sera mise aux normes… hélas à grands frais.

Même si on reste bien en-deçà des prévisions annoncées à l’origine, le Camping-Car Park a connu cette année une croissance de 18,4% (avec 1448 nuitées) soit environ 224 nuitées de plus qu’en 2024.

Le tennis, entièrement rénové, connaît une nouvelle jeunesse et une fréquentation beaucoup plus régulière. Les enfants de l’école s’y rendent chaque semaine à pied pour suivre les cours dispensés par Christophe Doos, un habitant de Lagorce qui anime aussi avec son épouse la boutique Le bois flotté.

Grâce au travail réalisé par Hervé Ozil, une aide significative du Fonds Leader, un fonds européen, va permettre d’engager une vraie réflexion collective sur la restauration et la transformation de l’ancienne Cave coopérative, que nous sommes contraints de racheter entièrement à EPORA d’ici fin mars… 
Patience…
Gageons que nature et culture pourront y trouver un nouvel espace d’expression innovant… et que ce lieu deviendra emblématique du Lagorce de demain.

Même s’il reste encore beaucoup à faire, de nombreux chemins ont été restaurés, rechargés en abondance en gravier, damés ou goudronnés grâce à la politique volontariste mise en œuvre par les élus en charge de la voierie, en particulier Denis Roume dont je salue l’efficacité et la constance dans l’effort.
Au vu de l’état de certains chemins, l’enveloppe budgétaire pour le goudronnage, qui n’avait pas bougée depuis des décennies, sera augmentée en 2026 de 60%.

Comme promis, à proximité de Lacessas, le chemin de contournement de Gourguet, dont le nouvel itinéraire est propriété de la commune depuis fin novembre, va bientôt sortir de terre puis être goudronné aux beaux jours. L’appel d’offres est en cours, le piquetage sera fait la semaine prochaine et la préparation du terrain va suivre…

Très bien subventionné par le Département et par l’État (si celui-ci se dote enfin d’un budget !), cette voie n’aura pas été onéreuse pour la commune… L’intercommunalité a prise en charge la maitrise d’œuvre et donc le suivi de l’appel d’offres, et nous l’en remercions.

Au nord de la commune, à Leyris, à proximité de Courbessas, la remise en état du chemin d’accès à la Voie royale par les Ets Cardinal est achevée. L’eau du ravin de Courbessas a été ramenée dans son cours et le chemin a été rendu carrossable, notamment pour les camions de pompiers, par le passage d’une concasseuse de pierres. Un rouleau compresseur doit encore le damer.

La sécurisation de la traversée du village reste une priorité. C’est ainsi que nous avons installé deux signalétiques clignotantes à l’entrée et à la sortie sud du village.
Je rappelle que la priorité à droite s’applique au débouché du chemin sous le Ranc mais aussi au chemin des Brugières…

La modification du raccordement du chemin des Brugières à la route départementale ainsi que la création d’un plateau de ralentissement au sud du village restent en cours d’étude avec le Département.

Précision aussi : la police intercommunale va être dotée d’un radar mobile… qui pourra être utilisé au sein du village… Avis aux traversants trop pressés !

J’en profite pour remercier Daniel Gaillard et son équipe de la police intercommunale pour leur présence efficace et rapide quand c’est nécessaire. Je rappelle que la commune adhère depuis un an seulement à cette police de proximité qui a montré son utilité.

Dans le même esprit de sécurisation, le bus qui véhicule les enfants de l’école ne stationne plus dans le centre du village mais en dessous, sur la terrasse Olivier de Serres… non loin de l’école.

Non loin de là encore, réalisée par les services techniques, et en particulier par notre ferronnier en CDD, une pergola de 110 m2 est en cours de préparation pour la terrasse à l’est du Musée vivant du vers à soie. Dès fin mars, cette pergola pourra accueillir en plein air, à l’ombre et l’abri des averses, diverses animations extérieures ou… des lectures.
A chacun d’imaginer ce qu’il voudra y faire ou y exposer.
L’idée est d’offrir des espaces de convivialité et de tranquillité au sein du village.

Nous avons d’autre part restauré l’escalier en pierres de la rue de la Dérobade, proche de la maison de Mme et M. Leroux, à côté de la place de la Dime et étanché provisoirement la petite loggia du beffroi, difficile d’accès, qui communiquait beaucoup d’humidité à la maison mitoyenne. Elle sera bientôt définitivement étanche.

Le Musée vivant du vers à soie a connu une année exceptionnelle avec près de 8000 visiteurs (le double des années précédentes) et un chiffre d’affaires jamais atteint frisant les 100 000 €, soit deux à trois fois plus qu’en 2023 ou 2024…! Un grand bravo à toute l’équipe, à Delphine Marguerit en particulier, et à Laurence Hotte la conseillère déléguée en charge du musée qui n’a pas ménagé sa peine.

Je voulais préciser aussi que Delphine œuvre activement à un projet de coopération européenne sur la filière Soie (mûriers / vers / cocon) qui pourrait être aider par le Fonds Leader et que nous devrions, dans le cadre de ce développement comportant une vraie dimension de recherche scientifique collaborative (susceptible d’être sponsorisée), trouver pour le musée une raison supplémentaire de développer un espace plus vaste et donc plus propice à son rayonnement.

La toiture de la boutique du musée – enfin étanchée – sera bientôt végétalisée avec des sédums…

Tout cela confirmera que le musée aussi est vraiment une belle expression locale du lien… entre nature et culture.

Plus ambitieusement, une réflexion va être lancée avec un cabinet d’architecte pour l’aménagement de tout l’étage du musée ou, au minimum, de la moitié sud de celui-ci déjà relié au musée par un large escalier intérieur. De nombreuses collections dorment encore en attente d’être exposées… La création du laboratoire de préparation foliaire va être remise à l’ordre du jour.

La vieille et branlante cabine téléphonique qui fait office de boîte à livres sur la place du 14 juillet sera retirée et remplacée par une nouvelle boîte à livres neuve installée sur la petite terrasse devant le Musée, côté rue…

… et le marquage au sol des places de parking de la place va ainsi pouvoir être refait. En un an, peu à peu, nous avons pu regagner 8 places de parking au sein du village ou à proximité.

On notera, en passant, qu’il est prévu que le seul panneau publicitaire, qui détonne dans notre village, soit aussi supprimé au mois d’avril.

Dans le même esprit de nature et culture, je souhaite évoquer le projet prometteur de restauration de l’intérieur de la Chapelle de Notre Dame d’Ajude que porte l’association patrimoniale de Lagorce… et la possible conversion du sentier botanique en un sentier de découverte…

Les services techniques ont œuvré, en décembre, au nettoyage du clocher de l’église en retirant plus d’une tonne de guano de pigeons qui en obstruait l’accès. Cela a permis de parvenir à nouveau au sommet du clocher (propriété de la commune, je le rappelle) et à la cloche de 1772, âme du village, que nous allons, fidèles à notre souhait de mise en valeur du patrimoine, proposer de remettre – ponctuellement – en fonction. Pas la nuit, je vous rassure !
Le grillage du faîte a été revu afin d’interdire l’accès à nos chers pigeons… bien peu voyageurs… et le « mouton » – le support en bois de la cloche – très fragilisé, et qui risque donc la rupture, devra être refait. Un devis va être demandé prochainement.

Le travail préparatoire de la nouvelle signalétique à l’intérieur du village est quasi achevé et la réalisation et la pose pourront donc être engagée, nous l’espérons, avant la saison touristique.

Le réseau filaire, qui donne accès à la fibre, avance et se répand.
Hélas, pas toujours avec délicatesse et en bon ordre…

La question du logement reste cruciale à Lagorce où beaucoup de maisons restent vides et en vente au sein même du village…
C’est pourquoi, nous avons engagé une réflexion pour la transformation de l’étage de la mairie, en piteux état, pour, peut-être, y réaliser des logements à louer à proximité de l’école…
A suivre donc…

Le PLUi s’achève.
Hervé Ozil, qui représente, avec Marianne Pailleron, la commune au sein de la Comcom y a consacré beaucoup de temps et d’énergie… Notre ressenti reste mélangé tant nous avons le sentiment d’avoir dû beaucoup ferrailler pour être – au moins en partie – entendus, en regard des réalités du terrain ou des attentes des citoyens…

Tant que nous ne sommes pas certains que nos demandes soient réellement entérinées, il n’est pas acquis que nous votions ce PLUi en l’état tant son carcan administratif nous contrarie et tant il comporte, à notre sens, de décisions discutables qu’une gestion moins précipitée et surtout plus proche du terrain aurait permis d’évacuer sans porter atteinte aux sacro-saintes orientations chiffrées et démographiques qu’il prétend défendre… avec les trop fameuses OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation) qui, pour une commune comme la nôtre, se résume en fait à concentrer à outrance l’habitat sur d’étroites zones et à favoriser la verticalité au détriment de l’horizontalité… autrement dit à dupliquer un modèle urbain en milieu rural… Comme beaucoup de maires, je pronostique l’échec à venir de ce type d’invention technocratique… faussement vertueuse même si elle est supposée limiter l’artificialisation des sols et l’éparpillement de l’habitat.

Une récente résolution des maires de France (AMF), émise lors du congrès de novembre dernier, dit exactement ce que nous ressentons.

Voici ce qu’elle pose en préambule : « La liberté locale est la condition d’une démocratie vivante et d’une action publique efficace. Or la liberté locale, et les moyens dont disposent les collectivités pour mettre en œuvre leurs politiques à destination des habitants, sont mis à mal par un État toujours plus centralisateur, qui ne se réforme pas. Ce centralisme qui éloigne la décision et l’action publique des citoyens, est pourtant l’une des causes des problèmes du pays, y compris des finances publiques. »

Cette résolution réclame, entre autres, « la libre administration des collectivités », « l’autonomie financière et fiscale » et, surtout, « la subsidiarité qui confie par principe à l’échelon le plus proche du citoyen le pouvoir de décision »…  Vous avez bien entendu : « l’échelon le plus proche du citoyen »…

Autrement dit les maires réclament qu’on leur restitue le pouvoir de décider de ce qui est bon et nécessaire pour leurs concitoyens…

C’est clairement ce qui fait défaut aujourd’hui et, plus encore, à mon sens, depuis l’invention des intercommunalités (on a fêté les 20 ans de la nôtre cette année)… qui a rajouté une couche décisionnelle à l’étouffant millefeuille administratif… quoi qu’en dise notre cher président intercommunal.

Indéniablement la Communauté de Communes fait de très bonnes choses  mais je formule le vœu que les agents territoriaux, qui œuvrent à l’évidence avec sérieux, n’aient pas la tentation de se substituer à l’État – en devenant souvent plus royalistes que le roi – et choisissent en priorité de défendre les avis des élus proches du terrain plutôt que de chercher à faire valoir leur propre vision urbanistique.

A mon sens, il y a sur cette question de l’écoute des maires, et pour les EPCI, – c’est l’acronyme qui décrit ce que sont les « comcoms » autrement dit les « Établissements Publics de Coopération Intercommunale » –, un vrai risque de rupture avec l’opinion et les maires des petites communes, au demeurant souvent oubliées au profit des « bourgs-centres ».

De plus, parce que les EPCI ont naturellement tendance à devenir des entités à part entières qui génèrent leurs propres projets en apparence « communs », mais en pratique autonomes et avec des équipes dédiées, les EPCI, ai-je dit, seront tôt ou tard rattrapées, surtout en période de disette budgétaire, par la question de leur coût de fonctionnement et de leur trop vaste périmètre de compétence…

Si l’on n’y prend garde, la question de leur complète adéquation peut même devenir un vif sujet de débat citoyen.

Je crois donc qu’il y a, à l’occasion des prochaines élections au sein des Communautés de communes, un vrai travail de réflexion à porter sur les modalités de gouvernance, les orientations stratégiques et la juste répartition des investissements structurants entre communes…

De manière plus riante, je voulais saluer l’investissement de tous les agents communaux qui a permis que la commune offre un service quotidien de qualité tout au long de l’année…

Indispensable pour une gestion efficace et réactive, la coopération avec le secrétariat a été excellente…

Les agents opérant au sein de l’école et à la cantine ont eux aussi largement participé au changement d’atmosphère au sein de notre établissement scolaire et je les remercie tous de leur dévouement…

Le service technique, supervisé avec beaucoup de constance par Marie-Laure Gontrand et sollicité tous azimuts et même sous astreinte, a su répondre présent en de nombreuses occasions, même quand une méga-fuite d’eau dans la chambre des vannes, alors totalement inondée, l’a longuement mobilisé dans la nuit du 13 au 14 juillet…

Au vu de la manière dont avait été réalisée l’installation électrique dans ce local enterré, les conséquences auraient pu être dramatiques…

Aujourd’hui celui-ci est sécurisée avec une pompe vide-cave, des alarmes de niveau d’eau qui vont être mises en fonction le mois prochain (elles seront reliées aux portables des agents et des élus référents) et l’aménagement électrique, revu, est en cours de finition…
Cela signifie que ce type d’installation ne doit pas être bricolé et doit surtout être mieux contrôlé…
Une accolade particulière, à cet égard à mon adjoint, Patrick Astier, pour son engagement sans faille – y compris sous-marin –, au service de l’Eau et de l’Assainissement sur la commune.

Outre tous nos partenaires extérieurs (notamment les sociétés Payan, Canonge, Boyer, RCI, Reynouard, SATP, ClimatPro, Géo-Siapp, Cardinal, L’Otentic, Patrice Eldin, Olivier Richard ou Christophe Lalut, pour n’en citer que quelques-uns) je me dois aussi de remercier toutes les associations culturelles, sportives ou sociales qui œuvrent sur la commune, notamment La Farabuleuse, Les petites mains et Guitares en chansons qui s’attachent à dynamiser la vie du village ou à se produire régulièrement à La Crypte.

Je salue aussi Hélène Pétin, la directrice de La Manufacture Melvita /  L’Occitane, ici présente. Comme vous le savez, cette société, très importante pour la commune, est chère à mon cœur… d’entrepreneur. 

Les adjoints, les conseillers délégués et les conseillers se sont beaucoup investis, souvent sans compter, durant ce court mandat et je les en remercie vivement tout comme je remercie les bénévoles qui se sont engagés au sein du CCAS (Comité Communal d’Action Sociale). Je choisis ce moment pour féliciter Michelle Fromont pour son animation assidue du CCAS. Merci aussi à tous ceux qui ont préparé cette cérémonie…

Je tiens d’autre part à souligner la qualité des relations de confiance que nous avons pu lier avec la gendarmerie représentée ce soir par une large délégation, le SDIS, les pompiers – les pompiers très sollicités tout au long de l’année et toujours réactifs ! – sans oublier les nombreux réservistes de la Réserve Communale de Sécurité Civile, toujours aussi motivés et vigilants dans la prévention des incendies.

Grâce leur soit rendue à tous !

Je voulais profiter du fait que nous soyons nombreux ce soir pour évoquer une question relative à notre santé à tous.

Il y a peu un Lagorçois a eu une crise cardiaque au sein du village.
Il s’en est très bien sorti et nous en sommes tous ravis.
Un jeune pompier de Barjac, prévenu par une application d’alerte dont je vais reparler, est accouru très rapidement de Vallon pour utiliser le défibrillateur situé devant l’épicerie. Cette présence d’esprit a sans doute contribué à sauver la vie de notre concitoyen…
Mettre en place un défibrillateur est une opération simple et très efficace dans les minutes qui suivent la crise… Les pompiers m’ont dit que c’était la 4e fois que cela arrivait sur le territoire de la communauté de communes.

À la suite de ce grave accident cardiaque, et au vu de l’étendue de la commune, et après en avoir parlé avec les pompiers concernés, nous avons décidé d’équiper les trois hameaux de Leyris, Tabias et Les Bouchets en défibrillateurs – si nous pouvons les alimenter en électricité… – et de doubler le parc de défibrillateurs du village en installant un deuxième appareil à l’extérieur de la Crypte. Nous proposerons aussi une formation aux habitants intéressés et aux membres de la RCSC.
Le modèle retenu pour l’heure est extrêmement simple d’emploi, fabriqué en France, peu onéreux et en permanence connecté.

D’autre part, je vous invite tous à télécharger l’application gratuite SAUV Life qui localise tous les défibrillateurs des communes de France et lance des alertes sollicitant tous ses abonnés dans un périmètre donné. C’est une alerte potentiellement salvatrice.

La communication est un sujet clef…
 
La mise en place de l’application Illiwap sur les mobiles permet une communication simple et immédiate mais aussi un mode de dialogue que quelques-uns ont déjà utilisé. Je vous invite à continuer à vous y raccorder.

Jusqu’à lors nous n’avons pas eu le temps de finaliser l’autre projet annoncé l’an dernier, L’Heure civique, qui permet de favoriser les liens d’entraide au sein de la commune. Ce sera achevé d’ici la fin du mois et tous les volontaires et bénévoles vont pouvoir s’inscrire en mairie. Cela pourra permettre, par exemple, de véhiculer les personnes sans voiture ou âgées chez le médecin ou le dentiste ou d’œuvrer collectivement pour la commune…
On pourrait par exemple imaginer de repeindre ensemble la Cave coopérative avec une peinture anti-tag en attendant des jours meilleurs…

Je signale aussi que Rezo Pouce, le service d’autostop organisé qui permet de partager les trajets du quotidien, est en cours de mise en œuvre avec la comcom : deux panneaux ont été installés dans le village : l’un vers Vallon au monument aux morts et l’autre vers Aubenas devant l’église.
Le mode d’emploi, que nous vous communiquerons bientôt, est inscrit sur place.

Je voulais enfin faire part de notre gratitude à l’égard de Monsieur André Arbona qui a achevé en solitaire une restauration et une création de murs en pierres sèches tout au long du chemin piéton reliant la Crypte au pont romain traversant le Salastre. Son travail, qui a duré des mois, est l’incarnation d’un bénévolat désintéressé couronné par une vraie réussite. Je vous invite vivement à emprunter ce sentier-promenade !

Une excellente nouvelle aussi : l’épicerie va rouvrir le plus vite possible, probablement en début mars, avec Marie Roy Tendil qui a emporté (de haute lutte !) l’enchère du fonds de commerce. Nous aurons tous à cœur, et la mairie en tête, d’accompagner efficacement cette renaissance prometteuse tout en ayant une pensée amicale pour Tiphaine Michel et en saluant son investissement durant 9 ans.

L’année passée, nous avons eu la joie de compter 5 naissances et 7 mariages… et la peine de compter 14 décès (3 à Lagorce même) dont certains ont bouleversé et profondément attristé nombre d’entre nous.

Il y a vingt-cinq ans, le 10 mai 2001, le Sénat a voté à l’unanimité la loi par laquelle la France est devenu le premier pays au monde à reconnaitre la traite et l’esclavage coloniaux comme des crimes contre l’humanité. Cette loi était l’aboutissement d’un long processus législatif initié trois ans plus tôt par Christiana Taubira, alors députée de Guyane. A l’occasion de cet anniversaire, nous proposons qu’en mai, une exposition portée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage soit présentée, ici à Lagorce, accompagnée de films documentaires analysant l’histoire de l’esclavage et ses héritages.

Et puisque j’ai tenu à parler ce soir du lien nature-culture, je voulais annoncer que le 5 juin, avec l’association des Sentiers & des Images, nous aurons aussi le plaisir et l’honneur d’accueillir le chef papou Mundiya Kepanga, défenseur des forêts primaires, et le photographe et traducteur Marc Dozier pour la présentation de l’un des films dont le chef est le héros – Gardiens de la forêt – et pour animer un atelier portant notamment sur l’art des parures de plumes qui ne déplaira pas aux enfants …

Comme vous le savez, toute l’équipe municipale, dont je salue l’investissement sincère et l’engagement, a eu à cœur de favoriser la création de liens tout au long de ce court mandat et elle s’est attachée à répondre aux attentes des uns et des autres avec attention et réactivité…

Formulons le vœu que cela soit aussi la voie du futur… car, seules, la convivialité, l’empathie, l’écoute et la fraternité pourront nous permettre de traverser les épreuves à venir…

Soyons sans illusion et lucides, demain – bientôt – il ne faudra pas manquer de courage. Il ne faudra pas se défiler et courir aux abris lorsque des vents mauvais viendront à souffler…

Le monde va mal. La vertigineuse montée en puissance des totalitarismes ou des autocratismes mus par d’irrépressibles appétits impérialistes et extractivistes…, une vraie course en avant, peut mettre en péril bien des équilibres à commencer par celui de la biodiversité et, évidemment, mettre à mal la paix dont nous bénéficions encore…

En revanche, demain, nos enfants paieront cash la boulimie irresponsable des marchands et des prédateurs climatosceptiques, sans âme ni conscience, d’aujourd’hui…

Le retour des guerres impériales n’est plus une fiction inenvisageable et il faut nous préparer, jeunes et vieux, à être dignes, responsables et courageux.

En ce tragique début d’année, vous me permettrez – ayant de nombreux amis persans et de l’affection pour un peuple jeune, fin et gai avec lequel il serait tellement facile de coopérer – d’avoir une pensée émue pour les courageux Iraniens (persans, kurdes, baloutches) persécutés par une sinistre dictature « à la triste figure », sanguinaire et folle, depuis 47 ans… Oui, vraiment, faisons le vœu que vive l’Iran lorsqu’il sera libéré de ses tortionnaires !
Et honte aux pays qui sont restés les bras ballants – en prônant la « retenue » ! – pendant qu’on  massacrait la jeunesse du pays… Demander de la retenue à des bourreaux en train de commettre des meurtres de masse à la kalachnikov, des bourreaux en train de martyriser et de détruire leur propre « corps social »[1]… quelle idée saugrenue… Honte aussi à la baudruche américaine qui se laisse balader comme un niais en oubliant que les persans ont inventé le jeu d’échec…

Dans l’immédiat, ici, beaucoup plus modestement, il va nous falloir continuer à conjuguer, harmonieusement, nature et culture en cultivant – avec les enfants ! – une véritable approche de la beauté tout en bénéficiant de l’émerveillement libérateur qu’elle induit.

Excellente et vertueuse année à tous !

 
[1] Voir Jacques Semelin, Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides, Seuil, 2005.

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