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L'État reconnaît les pertes agricoles de 2026 :

L'État reconnaît les pertes agricoles de 2026 : la solidarité nationale s'active face à une année climatique extrême
Agriculture — Publié le 21 octobre 2026
Sécheresses à répétition, vagues de chaleur, épisodes de grêle et gels tardifs : l'année 2026 aura éprouvé les campagnes françaises. Par un arrêté signé le 2 octobre 2026 par la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, l'État a officiellement reconnu, au titre de l'indemnisation fondée sur la solidarité nationale (ISN), les pertes de récoltes causées par ces aléas climatiques dans une très large partie du territoire.
Un arrêté d'une ampleur inédite
Le texte, pris à la suite de l'avis rendu le 1er octobre par la Commission chargée de l'orientation et du développement des assurances contre les dommages causés aux récoltes (CODAR), vise près de 85 départements, de l'Ain au Val-d'Oise, de la Bretagne au Franche-Comté et du Sud-Ouest au Grand Est. Seuls quelques territoires comme la Lozère voisine figurent de manière plus ponctuelle — mais l'immense majorité des régions agricoles françaises est concernée, souvent « en département entier ».
Document de plus de 30 pages, l'arrêté détaille, en ses deux annexes, les aléas reconnus, les natures de récoltes éligibles et les communes couvertes, département par département.
Trois grands coupables : la sécheresse, la chaleur, la grêle
Le diagnostic est sans appel. La sécheresse domine largement les reconnaissances (près de 90 mentions départementales), suivie des températures élevées de juin à août, puis des orages de grêle — dont l'épisode des 16-17 juillet qui a frappé la Loire et celui du 15 juillet en Côte-d'Or. Les gels tardifs de fin mars sont également reconnus, notamment dans le Rhône (26-30 mars), le Doubs, la Nièvre, l'Yonne ou la Haute-Marne.
Les périodes citées racontent un été 2026 brutal : « mai à août » dans l'Allier, « juin à août » quasi partout, cinq vagues de chaleur successives dans le Territoire de Belfort.
Toutes les filières touchées
Les natures de récoltes reconnues couvrent le spectre complet de l'agriculture française : grandes cultures (maïs grain et ensilage, tournesol, soja, sorgho), viticulture — du raisin de cuve au raisin de table —, arboriculture (pomme, poire, abricot, cerise, fruits rouges), maraînage, sans oublier les productions plus niche comme les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) — lavande, safran, thym — ou le miel et la gelée royale en Ardèche.
Certaines reconnaissances sont géographiquement ciblées : 174 communes pour le maïs fourrager dans le Cantal, 297 communes pour la grêle en Loire, 97 communes d'arboriculture dans le Rhône, ou les aires d'appellations de la Nièvre (Coteaux du Giennois, Coteaux charitois) pour la vigne.
La suite du processus
L'arrêté ouvre la voie aux demandes d'indemnisation des agriculteurs non assurés, l'ISN venant en filet de sécurité derrière les assurances et la couverture des risques. Pour la plupart des départements, la part des pertes imputable à des causes non climatiques (maladies, ravageurs) sera fixée ultérieurement lors d'une prochaine CODAR — une clause déjà chiffrée dans certains cas, comme 20 % pour les gelées d'arboriculture dans le Rhône.
Signé par Sébastien Bouvatier, sous-directeur Compétitivité, et publié au Bulletin officiel du ministère, cet arrêté confirme que 2026 restera, pour l'agriculture française, une année de lutte contre le ciel.