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Mise au point

Mise au point


Nous avons découvert il y a quelques jours le nom de l’une des listes se présentant aux élections municipales : la liste Anti-Gaspi.
Le nom de cette liste est un message adressé à l’équipe municipale sortante et représente une accusation à peine déguisée de la gestion de la commune pendant le mandat qui s’achève.

Sans vouloir élever de polémique, il nous semble important de rappeler quelques faits, que tout Vertugadin sera en mesure de vérifier auprès des comptes de la commune, auprès de la Préfecture ou dans la liste des délibérations passées pendant ce mandat.

L’équipe sortante passera les clefs de la commune à la nouvelle équipe, quelle qu’elle soit, avec un budget excédentaire de 129.806,12 €  et sans aucun emprunt.
La Commune est en effet excédentaire malgré les investissements importants de ces dernières années : équipements lourds de voirie dans la grande rue et aux entrées du village, mise en place de radars pédagogiques, réfections diverses de chaussées, mise aux normes de la défense incendie, installation d’un parc paysagé, plantation de haies à l’entrée ouest, fleurissement, construction d’un préau place du Caron, politique culturelle (cinéma, expositions, parade…), etc…
La commune reste donc excédentaire et non endettée, et l’excédent, confirmé et validé par la Trésorerie nationale, correspond quasiment à un exercice annuel…

Bien entendu, chacun a le droit de penser ce qu’il veut de ces investissements et de ces choix, et certains ne manqueront pas de les considérer comme du gaspillage… Nous les assumons pleinement. Puisque le gaspillage (et la lutte qu’il conviendrait, semble t’il, de mener contre ce gaspillage) sont au centre de l’un des projets municipaux, parlons-en.

La Commune reste excédentaire malgré la gestion d’un dossier qui a monopolisé une grande partie de son budget et la majorité de son temps. En effet, la Commune a été mise en demeure, au cours de ce dernier mandat, de traiter le problème de la pollution de l’eau et de rétablir sa qualité dans nos robinets.
Si, comme dans le cas de la plupart des sources environnantes, les traitements imposées par l’agriculture (et forcés par les impératifs de productivité), peuvent expliquer une partie des nitrates, les taux de nitrates dans la source de Sainte-Vertu se sont révélés exceptionnellement et comparativement plus hauts. A tel point que la source du Puits des Saumons a fait partie de la liste des 20 sources françaises les plus polluées, sa pollution pointée du doigt par les instances de la Commission européenne, qui a engagé un contentieux contre l’Etat français.

Il faut rappeler que les taux de Nitrates ont significativement commencé à déraper courant 2012-2013 et que la Commune a été mise en demeure de remédier au problème dès 2014, sous la mandature précédant la notre. Ces taux n’ont cessé de grimper jusqu’en 2022, atteignant, à leur pic, la valeur de 99,8 mg/l (100mg/l étant le seuil de fermeture administrative d’une source et son interdiction…).

Il faut rappeler parallèlement que l’unité de méthanisation sise à Sainte Vertu a entamé son activité entre 2011 et 2012, et que le composteur qui devait traiter la majorité du digestât produit par l’unité n’a jamais vu le jour…

Interpelée en 2022 et devant l’exposé des faits et chiffres, la Préfecture a pris dans les mois qui ont suivi des arrêtés de contrôles et de restrictions, interdisant entre autres les épandages sur la zone du bassin de captage des eaux alimentant la source du village, permettant le début d’une lente diminution des taux de nitrates. Les taux n’ont cessé de baisser depuis.

Malgré cela, devant la lenteur de cette diminution, Sainte Vertu s’est vue imposer par la Préfecture la mise en oeuvre d’une solution drastique : le raccordement de son réseau à celui d’un grande ville, qui a nécessité l’étude et la construction d’une canalisation d’un peu moins de 10 km, la mise en place de pompes et d’unités de chloration, la réfection profonde du système de distribution de l’eau…

Le coût total des travaux imposés par la Préfecture s’est élevé à 1.425.336 Euros. La part de Sainte Vertu, du fait du regroupement des communes voisines (initié par Sainte-Vertu), s’est élevé à 209.524,39 euros. Après subvention, la commune a donc été contrainte de débourser, de gaspiller, 69.841,46 € (ce qui représente quasiment la moitié d’un exercice budgétaire annuel de la commune)… De son côté, Aigremont a déboursé 69.366,35€.

Pour continuer à parler de gaspillage, on ne peut omettre de mentionner l’augmentation future du prix de l’eau lié au coût de ces travaux (et donc à leur cause), de 1,59€ le m3 à 3,50€ le m3, qui sera supportée, injustement, par chacun d’entre nous (à Sainte Vertu comme à Aigremont) et ce pour les années à venir.

Aucunes de ces dépenses, passées et à venir, n’ont résulté d’un choix de la Commune, elles ont été imposées par des choix privés égoïstes et sans égards pour l’intérêt collectif et le bien de la Commune : ce gaspillage aurait largement pu être évité.

Malgré cela l’équipe municipale a réussi à financer et à mener à bien l’opération imposée, en parvenant à préserver le budget de la Commune et la possibilité de mener parallèlement les projets mentionnés plus haut.

La notion de gaspillage est relative, on le voit bien ici, et dépend uniquement du point de vue dans lequel on se place…

Que ceux qui jugent et condamnent d’éventuels gaspillages commencent par examiner leur conscience et se rappellent que le rôle d’une équipe municipale est de servir sa population, de gérer honnêtement les biens et la trésorerie (qui, fondamentalement appartiennent aux habitants) en investissant pour améliorer le village et la vie de ses habitants. Pas de faire de la restriction budgétaire par principe et pour des raisons purement comptables…

Le Maire sortant et son équipe restent entièrement à la disposition de tous ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur la gestion du mandat qui s’achève ou débattre de ces questions de gaspillage.
Christophe Cheysson
Le Maire